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Ceux qui croient à l’Art Oratoire et ceux qui n’y croient pas

Jessy Julien, « expert certification DISC » auprès de DRH et de dirigeants d’entreprise, affirme sur internet : « Les meilleurs managers ne sont pas ceux qui parlent le mieux. Ce sont ceux qui adaptent leur message à la situation et à la personne ». Il ne me démentira pas si j’affirme qu’il range « ceux qui parlent le mieux » dans la catégorie des beaux parleurs. De ceux qui cherchent le brio du jeu de manche et de l’hyperbole pour, dans le pire des cas, vous tromper, dans le meilleur masquer la pauvreté de leur discours. C’est la définition la plus répandue du bien parler en France.

Trouver l’équilibre du corps

« Ceux qui parlent le mieux » ne sont justement pas ceux-là. Ils ne cherchent pas le brio, mais l’équilibre du corps pendant le discours, comme les bons joueurs de tennis pendant le match ou les bons cavaliers pendant le parcours de saut. Alors, quand, managers, ils s’adressent à leurs collaborateurs, à chaque instant leurs mots et leurs tons sont justes. Comme le sont les actions du bon joueur sur le court de tennis ou du bon cavalier sur le parcours de saut. À chaque instant par conséquent, comme le souhaite Jessy Julien, ils « adaptent leur message à la situation et à la personne ». Mais ils le font à l’instinct, sans grands principes pour leur encombrer l’esprit, animalisant, en quelque sorte, le travail cérébral. Quant à leur forme d’expression, elle est simplement belle sans être ostentatoire, et ils n’y songent même pas.

L’intuition du bon manager

L’Art Oratoire conduit à la maîtrise intuitive et pertinente de la pensée dans l’action. Qu’on le pratique dans le discours, le débat ou la conduite de réunions de travail. Mais il n’est pas enseigné par des formateurs qui, par ignorance de ce qu’il est, le méprisent. Quitte à transformer le cerveau des managers en usine à gaz pendant leurs réunions, ils préfèrent leur enseigner de grands principes. Voici ceux que Jessy Julien recommande aux managers :

  • Mieux écouter pour comprendre ce qui se joue vraiment.
  • Clarifier rapidement ce qui est en jeu et ce qui est attendu.
  • Structurer un message sous pression.
  • Éviter les malentendus avant qu’ils ne deviennent conflits.
  • Donner un feedback qui fait réellement bouger les choses.

Chacun de ces principes mériterait des heures de cours pour être bien compris. Mens sana in corpore sano. S’il est bon orateur, le manager applique tous ces principes sans le savoir. S’il ne l’est pas, les heures passées à les comprendre ne lui serviront à rien. C’est pourquoi nous pensons, contrairement à ce qu’affirme Jessy Julien, que les meilleurs managers sont ceux qui parlent le mieux.

La technique du RDV au service de l’intuition

Dans son ouvrage L’erreur de Descartes, le neuro biologiste Antonio Damasio, définit l’intuition comme « ce mystérieux phénomène qui permet de prendre des décisions sans passer par le raisonnement ». Toute la question pour les managers devient donc de savoir comment, quand ils dirigent leurs collaborateurs par la parole, conditionner leur intuition à la pertinence. Le plus sûr moyen d’y parvenir consiste à respecter les règles et à appliquer les techniques de l’Art Oratoire, qui sont essentiellement physiques. Elles canaliseront toujours la pensée du manager dans une relation physiquement équilibrée, par conséquent saine, à ses collaborateurs pour faire de lui un leader.

Stéphane André